Mon histoire

Eille, moi c’est Gab, j’ai bien envie de vous parler un p’tit peu moi et de mon parcours!

Où as-tu grandi ?

Je viens d’une petite ville, Marieville, à 30 minutes de Montréal. Pis, c’était vraiment la banlieue genre on se rendait en vélo à l’école. Par contre mon père habitait à Montréal faque je passais mes fin de semaines à Montréal dans le sud-ouest, à jouer au hockey dans les ruelles.

Quelles étaient tes conditions de vie pendant ton enfance ?

Classe moyenne je dirai. Je pense que 100% des gens à Marieville étaient des ouvriers, donc on avait une maison, un bungalow, c’était une place correcte. Quand je voyage je réalise à quel point on a la chance d’avoir une maison, un terrain de baseball gratuit.

As-tu des frères et sœurs ?

Non. Mes parents ont divorcés quand j’avais 3 ans faque j’ai toujours été, du plus loin que je me souvienne, trainé à gauche à droite, chez mon père chez ma mère. Ensuite, quand je suis parti de la maison assez tôt, mes parents sont revenus ensemble quand j’avais 16 ans. Et aujourd’hui ils vivent encore ensemble.

Quel petit enfant étais-tu ?

Horrible. J’étais l’enfant qu’aucun professeur ne veut dans sa classe. Parce que l’école pour moi c’était assez facile, parcontre je voyais ça comme un projet d’entreprenariat faque je négociais toujours avec le professeur. J’étais pénible mais j’avais toujours des bonnes notes.

Si tes profs te décrivaient en un mot, que diraient-ils de toi ?

Difficile. Hahaha !

Quel est ton parcours scolaire et pourquoi ces choix ?

J’étais talentueux à l’école et je savais que c’était important faque j’ai fait mon primaire et secondaire. Au cégèp j’étais face à plusieurs choix et j’ai essayé plein d’affaires différentes. Aussi, je suis allé en technique de son, donc je suis retourné à l’école parce que tout le monde me poussait « tu as tellement de potentiel à l’école, tu devrais avoir un bon diplôme pis tu aurais une bonne job ».

Quelques années après j’ai compris que l’école n’était pas pour moi. Quand j’étais à l’université, en informatique, j’avais déjà les job que je voulais pis j’avais pas besoin des diplôme alors sur mon CV j’écrivais « BAC informatique en cours », aujourd’hui c’est encore sur mon CV.

Quels étaient tes hobbies dans ta jeunesse ?

J’suis un typique québécois, canadien, faque je passais mes fins de semaines à jouer au hockey. Sinon à partir de 12-13 ans j’ai commencé la guitare, faque ça c’est resté. J’ai toujours aimé la musique et le sport : ski, hockey, plongée.

Quel chemin professionnel as-tu pris après tes études ?

A la lumière de mon parcours scolaire faque je voulais mon propre emploi, mon entreprise. Maintenant je le sais, c’est particulièrement difficile à faire. Dans le temps je ne le savais pas. C’était un peu à cette image là : aller en entreprenariat, lâcher… Prendre une job, lâcher… Aller en entreprenariat, encore lâcher…. Parce que je faisais des projets, mais ça fonctionnait pas particulièrement bien faque je lâchais et j’allais prendre des job, souvent dans la programmation de site web, etc…

Mais j’avais toujours le rêve de créer mon entreprise et assez rapidement je lâchais la job pour essayer un autre projet, pis à force de faire des échecs bah là tu apprends les pièges à éviter. Faque ça à toujours été ça jusqu’à ce que je lance mon entreprise.

Es-tu plutôt sérieux ou fêtard ?

Fêtard. Je ne suis pas particulièrement sérieux, je ne me prends pas particulièrement au sérieux non plus donc entre les deux choix ce serait plutôt « fêtard ».

Quelle place occupe tes amis dans ta vie ?

Une place centrale depuis très longtemps. J’ai toujours trouvé ça particulièrement cool de passer du temps avec les autres. Par après j’ai compris que ce qui nous rend heureux c’est le capital social, tsais, les gens qui vont nous entourer. Des trucs comme les circonstances extérieures : l’argent, la maison, l’appart, rénover ta salle de bain,… ça n’a aucune incidence. Ce qui a de l’incidence c’est les gens qui nous entoure. Faque là on se voit beaucoup avec mes amis, on est une gang bien proche. Mais maintenant je comprends un peu pourquoi c’est pourquoi j’ai faite des business où j’étais entouré de monde.

Quels sont les trois mots qui te qualifient le mieux ?

Je me qualifie comme : entrepreneur, geek, voyageur. C’est pas mal ce que je fais de ma vie.

Quel a été ton premier voyage ? Quand ?

Mes amis avaient prévu un voyage de 5 semaines en Chine en 2005. J’avais 25 ans à l’époque. Pis c’était un de mes amis qui était étudiant en étude Est-asiatique. Moi je me suis joins à eux pour les deux premières semaines. Faque c’était mon premier vrai voyage mis à part les Etats-Unis, que je compte pas car c’est juste à côté du Canada.

Quelles sont tous les pays que tu as visité ?

Aïe, aïe. J’en ai visité 45. C’est plus simple de dire les places que je suis pas allé. J’ai pas fait l’Amérique du sud mais je suis allé dans toute l’Amérique centrale et Amérique du nord. J’ai visité plusieurs fois l’Europe par contre je ne suis jamais allé en Afrique sauf au Maroc. Il me manque aussi le Moyen-Orient et la Russie. Mais j’ai fait des grand bout de l’Océanie et pis de l’Asie. Je fais environ 2 voyages par an et je pars pendant 1-2 et 3 mois. Jamais plus longtemps que 3 mois.

Mais ma manière de voyager à changer. Au début je voulais faire toutes les places pendant mes voyages mais au fil du temps je sais que je suis un voyageur et je ais que je vais revenir à ces places donc je suis pas pressé de tout faire et je m’en fou de manquer plein de trucs. Je veux juste passer un bon temps.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans les voyages ?

C’est un mix de quelques trucs je dirais. En voyage, on se met à rencontrer des gens pis découvrir des trucs à une vitesse incroyable si on compare à notre mode de vie sédentaire. Pis ça apporte énormément de souvenirs comparé à une année de travail. En voyage on se souvient de toutes les jours juste parce que le paysage est différent. Pis, la planète Terre est incroyable, y’a tellement de cultures différentes. Pis sinon c’est les classiques : chaleur et découverte.

Quel est le pays qui t’as le plus fait tripé ?

La Thaïlande. Elle a plusieurs critères que j’aime : Les gens, qui sont juste trop gentils. C’est le pays du sourire, pas de conflit. Aussi, la bouffe qui est incroyable, on mange souvent des petits trucs différents partout où on va. Ensuite, la température, il fait 34° Celsius toute l’année. C’est incroyable.

Quels sont tes prochains voyages prévus ?

J’aimerais ça aller en Afrique. Je suis curieux de l’Ethiopie parce qu’on vient toutes un peu de là « l’Homo-sapiens ». Aussi, l’Egypte qui est le berceau de la civilisation. Et puis aussi l’Europe de l’Est comme la Bulgarie, la Croatie et toute c’est zone des Balkans. Et pour finir, j’aimerais retourner en Thaïlande, aller à Bangkok.

Es-tu plutôt « road trip » ou voyage organisé ?

Road-trip. Souvent je prends mon billet « aller » et je réserve mon premier hôtel en sortant de l’aéroport. Pis après je me laisse porter par le vent. Je ne prévois pas mon voyage comme ça si j’aime une ville je reste plus longtemps. Et si j’ai des imprévus avec le travail je peux rentrer plus tôt. Souvent je book un vol de retour depuis où je suis vers Montréal.

D’où t’es venu l’idée du projet « GAB Café » ? et du « GAB Maison » ?

C’était justement en voyageant. Ce mode de vie là que j’aime je voulais de reproduire à Montréal.

En voyage, j’ai tout de suite trippé sur les auberges de jeunesse. Les rencontres de feu qu’on y faisait, c’était juste magique. Jaser dans toutes les langues autour de la table en comparant nos coutumes étranges avant de partir découvrir le pays ensemble. Bref, c’était la vie quoi.

Après, je revenais dans mon quotidien ici, pis, quoique j’aimais bien ma vie ici, avec ma gang pis toute, les rencontres me manquaient. Je me suis dit : tiens, mon but personnel va être de travailler à partir d’un ordi et d’une connexion internet, ça va être la meilleure manière de vivre en voyageant. Cool setup, j’ai voyagé comme un bon en travaillant fort sur un paquet de projets en tant de programmeur et sys admin.

Mais, en voyage, j’aurais aimé être avec ma gang. Et quand je revenais, les rencontres me manquaient. Ça existait pas une place qui permettrait de faire les deux, vivre ici en rencontrant systématiquement du nouveau monde.


Bon… vous connaissez ma passion pour partir des nouveaux projets, y’avait quelque chose qui manquait à ma vie, et potentiellement, à d’autres qui sont dans la même situation que moi. Le concept était bien simple : vivons ici, comme dans une auberge de jeunesse, chambre en ville style, et rencontrons du monde, devenons amis, buvons de la bière et soyons heureux. Pas pire hen?

Donc c’est vraiment un juste milieux entre les auberges de jeunesses qui sont trop « parté » et les hôtels qui ont trop « sérieux » et « plates ».

Quelles ont été les difficultés rencontrées lors du lancement de l’entreprise ?

Oh my god. Mettons qu’on parle du café, les difficultés ont été incroyables. Déjà, le mobilier qui coûte une fortune quand on veut une qualité « commerciale ». C’est 6 fois le prix d’un mobilier « résidentiel ».

Ensuite, la clientèle qui était dure à trouver les premiers mois. Au début c’était vide on était 3 ou 4. On avait du mal à avoir assez d’argent pour rester en vie. On a eu de la chance d’avoir les journaux du coin qui nous ont fait de la pub gratuitement et le problème de la clientèle s’est réglé tout seul. Mais ça nous a pris 2 ans.

Et pour finir, les banque qui ne voulaient pas nous financer. Quand je suis allé expliquer mon projet à la banque ; que j’allais bouger le café au premier étage d’un triplex commercial et faire une auberge du bonheur en haut, je pouvais voir leur petit sourire en coin en voulant dire ouain-ben-bonne-chance-le-kid-mais-oublie-ça-tu-suite. Pfff, je vais aller en voir une autre banque…refus…une autre…refus…une autre…refus.

Ok, pas de triplex commercial dans ce cas, je vais acheter une maison ailleurs qu’au dessus du café et vous prouver que ça marche, après, je pourrai vous demander l’argent pour mon triplex commercial. Refus…refus…refus. (Un jour faudra bien réparer notre coop nationale aka Desjardins-fond-commun-de-placement-on-investi-tout-aux-États-Unis-et-rien-dans-nos-entrepreneurs, mais ça, c’est un sujet pour une autre fois.) Refus…refus. 16 refus…16!!!

Mais à ma 17e tentative…miracle! Une banque est prête à me faire un prêt-pont (prêt d’un an seulement) avec un paquet de conditions et un taux pas très avantageux, mais c’était mieux qu’un « non ». Un coup, toutes les conditions remplies, j’avais un an pour prouver que ça allait marcher mon affaire. Bing bang, notaire, lunettes soleil, peinture, lit, photos, apprentissage, toute sorte de mots de même.

J’ai eu des difficultés avec le projet du café mais j’ai eu moins de problèmes avec la maison.

Pis là, ça fait un an. Pis ça marche là.

Si tu avais pu faire les choses autrement, qu’aurais-tu changé ?

Je lancerais le projet de la maison avant de lancer le café, car c’est plus simple à gérer pis on obtient une clientèle plus facilement. Faque la clientèle de la maison amène de la clientèle au café, ce qui n’est pas vrai dans le cas inverse.

Qu’est ce que tu aimes le plus dans ce métier ?

J’aime créer des nouveaux projets. Me lancer des défis pis toute.

Avec qui as-tu lancé ce projet ?

Y’a 6 ans de ça, j’étais en train de jaser avec des collègues des graphistes qu’on passait en entrevue.

« […] pis là, y’a dit : Voulez-vous ce que vous voulez ? … Ou vous voulez quelque chose de beau?! »

Hahaha. Lui, faut l’engager!!!

Je commençais à peine à expérimenter la vie Montréal-à-30-ans, faque il s’est investi la mission d’en être mon coach.

Il m’a tout appris; du latté au à la IPA.

On a eu ben du fun pis c’est devenu un chum.

Mais là…là…on a fait quelque chose de tellement stupide que c’en est devenu beau : on a décidé de partir un café pour travailler. (Pas juste stupide dans le sens de « eille, on est tu assez fou pareil »…non. Stupide dans le sens de « Faites pas ça. Sérieux. »)

On y a tout appris; du local commercial sur St-Laurent jusqu’à Revenu Québec.

On a eu ben du fun…pis c’est devenu un frère!

Ses bras meurtris nous tendent le flambeau, à nous de le porter bien haut.

Seulement, au bout de deux ans, mon chum s’est rendu compte qu’il avait perdu trop d’argent et qu’il voulait se recentrer vers le graphisme, son domaine. Faque, j’ai continué mes projets seul.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Aujourd’hui la maison GAB est à plusieurs rues du café, je voudrais réunir les deux en une seule unité. Proche de st Laurent. Pis, je voudrais aussi reproduire ce concept dans plusieurs autres endroits de Montréal et d’ailleurs.